Archives de Catégorie: Débats stratégiques euro-américains

Glossaire : pour suivre les débats stratégiques américains

Articles de cette rubrique

Peer competitor (compétiteur pair)

1997 par Ronai Maurice

Failed states

1997 par Ronai Maurice

Non-lethal weapons (Armes non-letales)

1997 par Ronai Maurice

Exit strategy (stratégie de sortie)

1997 par Ronai Maurice

Rogue states

1997 par Ronai Maurice

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Ils n’étaient pas tous d’accord pour larguer la bombe sur Hiroshima

Paul Tibbets, le pilote américain qui largua la bombe atomique sur Hiroshima en août 1945, est mort le 1 er novembre, à l’age de 92 ans.

Le 6 août 1945, alors jeune lieutenant-colonel de l’US Air Force, il était aux commandes du bombardier SuperFortress B-29 « Enola Gay » qui a largué, hors tests, la première bombe atomique de l’histoire de l’humanité.

Paul Tibbets n’avait que 30 ans lorsqu’il décolla aux commandes du SuperFortress B-29, avec ses 11 membres d’équipage d’une base américaine dans les Iles Mariannes. Le bombardier avait été baptisé « Enola Gay », le prénom de la mère de Paul Tibbets.

Le premier test nucléaire s’était déroulé avec succès moins d’un mois plus tôt, le 16 juillet 1945, dans le désert du Nouveau-Mexique. Dès lors tout va aller vite. Le 24 juillet, le président Harry Truman approuve la décision de mener une campagne de bombardements atomiques contre le Japon jusqu’à sa capitulation. Le 31 juillet, Truman donne l’ordre de bombarder Hiroshima « dès que le temps le permet ».

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Démarrage du séminaire sur les Révolutions militaires à l’EHESS

La proclamation, au lendemain de la chute du mur de Berlin, d’une « révolution dans les affaires militaires » (RMA) en cours ou à venir, fondée sur l’informatisation du champ de bataille, a relancé un débat jusqu’alors limité aux seuls historiens.

Controversée chez les historiens, la notion de « révolution militaire » présente plusieurs mérites : elle met en perspective les événements, les techniques et les évolutions stratégiques et militaires et les replace dans la « longue durée » historique. Elle permet aussi de (re)faire de la guerre et de la chose militaire un fait social global. À quelles conditions peut-on parler de révolution militaire ? À quoi les reconnaît-on ? En quoi la « révolution dans les affaires militaires » marque-t-elle une rupture ? Et par rapport à quoi ?

Sur le site de TAGIS

Sur le site de l’EHESS

Asymétrie et clash des civilisations militaires

Défis, menaces, conflits, ripostes, attaques, moyens, guerre asymétriques... La notion de « défi asymétrique » introduite en 1997 par la Quadrennial Defense Review (1)a suscité depuis un monceau de gloses, commentaires et de théorisations (2)…

La figure de l’asymétrie n’est pas nouvelle dans le vocabulaire militaire américain. On distingue depuis longtemps dans les académies les engagements symétriques, opposant des forces de même nature (aviation vs forces aviation, forces terrestres vs forces terrestres) et asymétriques, opposant des forces de nature différente (aviation vs forces terrestres, aviation vs marine)3. On retrouve l’asymétrie dans les textes fondateurs de la Révolution dans les affaires militaires (RMA) : celui qui maîtrise l’intégration des systèmes de renseignement-surveillance, de commandement-contrôle et de précision acquiert un avantage informationnel. Il voit sans être vu et agit sans être inquiété. Une objection couramment faite à la RMA était précisément celle de la vulnérabilité des systèmes avancés (le « talon d’Achille »).

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De la dissuasion à la prévention

Introduction de « Prévention et défense préventive. Débats américains » Maurice Ronai et Sami Makki CIRPES, Paris, mars 1999


La prévention tend à devenir la figure centrale, la forme dominante du langage stratégique, en Europe comme aux Etats-unis.

La prévention n’efface pas la forme stratégique dominante précédente : la dissuasion. Elle en prend le relais, comme la dissuasion, avait, en son temps, pris le relais de la forme « guerre ».

De la dissuasion à la prévention

La forme dissuasion reste pertinente et légitime dans son domaine d’élection : la dissuasion du nucléaire par le nucléaire. Avec l’effondrement de l’URSS et l’ampleur du désarmement organisé par les traités FNI et START, la dissuasion proprement nucléaire perd son caractère prioritaire.

En dehors du domaine nucléaire (en dehors de sa « niche militaro-strategique », pour reprendre une de ces métaphores managériales qu’affectionnent les auteurs américains), la dissuasion comme forme stratégique générale est de moins en moins opérante.

La dissuasion suppose un adversaire : elle s’exerce sur un décideur ou un centre de décision. Avec la prédominance de situations complexes, de conflits à trois camps, de menaces diffuses, difficilement attribuables ou assignables à un acteur central, la forme dissuasion perd une grande partie de sa pertinence.

Au nouvel état du monde, caractérisé par la prolifération de conflits locaux, interétatiques et surtout intraetatiques, correspond une nouvelle forme (ou langage) stratégique : la « prévention ».

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L’ambition préventive de l’administration Clinton

Extrait de « Prévention et défense préventive. Débats américains » Maurice Ronai et Sami Makki CIRPES, Paris, mars 1999


Pendant la campagne présidentielle de 1992, William Clinton avait esquissé une critique radicale de la politique du Président Bush : « Durant les quatre dernières années, nous avons vu les effets corrosifs d’une politique étrangère ancrée (rooted) dans le passé, déconnectée de nos valeurs propres, rétive au changement et incapable de relever les défis (du changement). Sous la Présidence Bush, on s’est contenté de gérer les crises plutôt que les prévenir. ».

Warren Christopher, lors de son audition devant le Sénat en septembre 1993, avant sa nomination, oppose lui aussi la gestion (réactive) et la démarche préventive. « Nous ne pouvons pas nous permettre de colmater, crise après crise… Nous devons avoir une diplomatie qui anticipe et prévienne des crises comme celles d’Irak, de Bosnie ou de Somalie plutôt que les gérer ».

Clinton et Christopher, à travers cette opposition gérer/prévenir les crises esquissent ce qui va devenir un thème central du vocabulaire stratégique américain : dans le monde d’après guerre froide, en l’absence d’ennemi majeur ou équivalent, le leadership s’exerce sur un mode « préventif » ou « ordonnateur » : être leader, c’est se mettre en situation d’influencer, de modeler (shape) les événements plutôt que de les subir, de prévenir les menaces plutôt que d’avoir à y réagir.

Ce thème de la prévention est étroitement imbriqué avec les deux autres axes de la stratégie clintonnienne : enlargement et multilatéralisme assertif.

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1993-1997 : De la « stratégie de prévention » au shaping

Extrait de « Prévention et défense préventive. Débats américains » Maurice Ronai et Sami Makki CIRPES, Paris, mars 1999


La Bottom Up Review était destinée à ajuster la structure des forces (et le budget de défense) à la nouvelle période.

On a retenu (avec juste raison) de la Bottom Up Review (BUR) qu’elle formula des options plutôt conservatrices pour la structure des forces, avec l’adoption du scénario des deux conflits régionaux majeurs simultanés.

On peut aussi voir la Bottom Up Review comme une tentative (inaccomplie) de réorienter l’appareil militaire vers la mise en œuvre de nouvelles missions. De manière moins nette que William Perry trois ans plus tard, la BUR valorise les missions « en temps de paix » (peace time engagement), la « défense par d’autres moyens » à côté des missions traditionnelles (deter and defeat).

Le texte de la BUR définit la stratégie de défense comme une « stratégie d’engagement, de prévention et de partenariat ».

Les trois termes (engagement, prévention, partenariat) sont étroitement articulés.

Ce qu’il s’agit de prévenir ici, à travers l’engagement et le partenariat (c’est à dire les anciennes alliances, qu’il convient de revitaliser, et les nouveaux arrangements institutionnels, qu’il convient de mettre en place), ce sont quatre dangers :

– Dangers liés à la prolifération des armes nucléaires et autres armes de destruction massive, ainsi qu’à l’existence de vastes stocks d’armes dans l’ex-Union Soviétique

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