Les corrections en rouge de la copie du gouvernement grec qui ont mis le feu aux poudres

L’histoire retiendra peut-être que les fonctions « correction » et « suivi des modifications » dans Office Word ont joué un rôle décisif dans la rupture des négociations entre la Grèce et la Troïka et la décision de Tsipras d’appeler le peuple grec a trancher par référendum la crise grecque Le Guardian diffuse le document Word des réformes proposées par le gouvernement grec tel qu’il fut corrigé et raturé par les responsables du FMI et renvoyé le lundi 22 juin à ses auteurs. 0454fdfb-f2b8-4803-991f-456d9ed28772-1020x612         Le Monde rapporte que Tsipras « s’est résigné à accepter des économies drastiques qui créent un choc à la gauche de son parti. Mais Christine Lagarde rectifie sa copie au stylo rouge. La directrice du FMI demande plus de mesures encore tandis que les Européens ne veulent pas entendre parler d’aménagement de la dette ». Le rouge dont il est question ici n’est pas celui du stylo de Christine Lagarde mais en fait la couleur par défaut du suivi des modifications sur Word. Les rectifications en rouge apportées par le FMI ne sont pas mineures : elles portent sur le taux de TVA pour l’ensemble des soins, le taux d’imposition des sociétés et sur les différents paramètres de la réforme des retraites. C’est, naturellement, l’ampleur des efforts supplémentaires demandés qui a conduit Tsipras a recourir au référendum. Mais on ne peut pas exclure que le mode opératoire (les corrections assez professorales de couleur rouge sur la « copie » du gouvernement) ait été perçu par Tsipras (et Varoufakis, lui-même professeur d’économie) comme la rebuffade de trop : la goutte d’eau qui fait déborder le vase. C’est ce que semble suggérer le Monde, « C’est en recevant les propositions raturées de rouge qu’il prépare le recours au référendum. Il se sent trahi, humilié ». Il arrive ainsi que les outils numériques (« bureautiques ») les plus ordinaires fassent irruption dans le grand théâtre de la politique mondiale. En 2003, c’était le cas avec le PowerPoint utilisé par Colin Powell pour convaincre le Conseil de Sécurité de la volonté du régime irakien à  se doter d’armes de destruction massive et de l’existence d’un lien entre Al Quaeda et l’Irak. Le Guardian et de nombreux auteurs s’étaient alors  interrogés sur le fait qu’un logiciel aux effets aussi « simplificateurs » sur l’expression de la pensée que PowerPoint ait pu être utilisé pour entraîner le Conseil de Sécurité, et a travers lui, le monde dans la guerre. PS : On me signale qu’Arrêts sur Images propose un lien vers le tutoriel permettant de modifier les couleurs du suivi de modifications dans Word.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s