Pistes pour relancer l’innovation : le financement collaboratif

Les plateformes de financement collaboratif se sont  imposées comme une alternative aux circuits traditionnels de financement de projets dans le domaine de l’audiovisuel mais aussi pour les projets technologiques.

 Internet crée un nouveau modèle de relation différent avec des avantages et des inconvénients spécifiques :

  • Une extension très importante du nombre potentiel de contributeurs qui rend possible des contributions très ciblées (à l’exemple de la pathologie rare pour le financement de la recherche médicale comme présenté ci-dessous)
  • Un niveau d’implication plus faible, voire superficiel par rapport à une relation en face à face (prépondérance des utilisateurs « commentateurs » plutôt que « contributeurs »)
  • Une rapidité d’interaction bien plus importante. (Nicolas Guillaume)

Aux Etats Unis, la plateforme Kickstarter  a permis de financer un large éventail de projets : documentaires, créations musicales, bandes dessinées, jeux vidéo, objets connectés.  Depuis février 2012, sept projets ont recueilli des financements supérieurs à un million de dollars.

Elle a joué un rôle essentiel dans le financement d’objets connectés innovants et permis ainsi à plusieurs entreprises de voir le jour.

  • En janvier dernier, le projet Twine a recueilli 556 000 dollars, soit près de 16 fois le montant initialement sollicité (35 000 dollars). Twine  est un module qui permet de faire communiquer entre eux divers objets de la maison et de transmettre les données recueillies sur Internet.   
  • Le projet Makey Makey a recueilli 568 000 dollars, soit près de 22 fois le montant initialement sollicité (25 000 dollars). Il s’agit d’un kit qui permet de transformer des objets du quotidien en interface de contrôle. Il suffit pour cela de brancher des pinces aux objets souhaités, de relier le petit boîtier électronique à un ordinateur.
  • Le projet Tod, pour sa part, a recueilli 89 762 dollars. Il s’agit d’un module bluetooth programmable qui permet depuis son smartphone de rester en contact avec des objets quotidiens ou avec une automobile, tout au long de la journée.
  • Le projet de montre connectée Pebble a recueilli, en mars dernier, plus de 10 millions de dollars. Equipée d’un accéléromètre, d’un moteur pour émettre des vibrations, d’un microprocesseur et d’une batterie lui donnant une autonomie d’une semaine, elle se connecte à un smartphone pour consulter les courriels, les alertes de calendriers et les notifications de Facebook ou Twitter.
  • Le projet de console de jeu open source Ouya a recueilli auprès de 39 000 personnes, près de 5 millions de dollars en six jours, soit près de cinq fois le montant initialement sollicité (950 000 dollars).  (Proxima Mobile

Aux Etats-Unis, une nouvelle législation aide les PME à trouver des fonds

Aux Etats-Unis, le Congrès début 2012  a approuvé des mesures qui permettent désormais aux petites entreprises de recourir au crowdfunding pour se financer.  Le Sénat américain a récemment ouvert aux petites entreprises de nouvelles possibilités de trouver des investisseurs en supprimant des obstacles. Le Jobs Act et son amendement, le Crowdfund Act, permettent aux startups et autres entreprises récemment créées de faire des appels de fonds groupés dans leur stratégie de financement. Les nouvelles entreprises peuvent recevoir de l’argent du public, par l’intermédiaire d’un agent ou d’un portail, avec une compensation pour l’investisseur.

Le Jobs Act assouplit les règles de la SEC afin de faciliter l’accès au capital, le tout en vue de créer plus d’emplois. Il prévoit des  dispositions supplémentaires d’exemption pour le financement collectif qui permettent aux petites entreprises de lever jusqu’à 1 million de dollars sur une période de 12 mois et les soustraient à l’application des lois sur les valeurs mobilières des différents États, y compris « des dispositions autorisant les sollicitations d’ordre général ou la publicité d’ordre général en vue de trouver des investisseurs accrédités.   

Le financement collaboratif se heurte, en France, à un cadre réglementaire contraignant

« La règlementation actuelle repose sur le schéma de relation entre un gros acteur (qui commercialise des produits financiers) avec plusieurs petits acteurs (les épargnants-investisseurs). Elle est totalement orientée vers la protection des épargnants, considérés comme passifs.

Les plateformes de crowdfunding doivent  obtenir l’autorisation de l’Autorité de Contrôle Prudentiel (ACP) auprès de la Banque de France. Cette autorisation n’est pas facile à obtenir. Elles sont alors contraintes de nouer un partenariat avec une banque ayant déjà une licence.

Les règles prudentielles sont totalement inadaptées à cette forme de financement. Le risque est par nature limité car les montants investis sont assez faibles (entre 100 et 1000 euros) De plus, les investisseurs sont parfaitement informés du risque qu’ils prennent ».

L’association FinPart avait identifié les principaux obstacles et formulé des propositions pour l’évolution du cadre réglementaire.

Voir aussi:

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