West Wing Saison 8: Santos et Obama face à la question raciale

Barack Obama a prononcé le 18 mars à Philadelphie un discours-clé sur la question raciale aux Etats-Unis. Prenant ses distances avec les sermons de Wright, il a saisi l’occasion de cette controverse (la plus grave depuis son entrée en lice) pour aborder, en 37 minutes, sur le fond , la question raciale :

 » La race est une question que le pays ne peut pas, à mon avis, se permettre d’ignorer en ce moment. Le fait est que les commentaires qui ont été faits et les questions qui ont émergé au cours des dernières semaines montrent que la question raciale est d’une complexité que nous n’avons jamais assumée : c’est une partie de notre union que nous devons encore parfaire. Si nous évitons la question, si nous nous retirons dans nos coins respectifs, nous ne pourrons jamais nous unir. »

Il a appelé les Américains à « dépasser leurs vieilles blessures raciales ».

Difficile, pour les amateurs de West Wing, de ne pas penser au discours de Matt Santos dans l’église noire, aprés la mort d’un jeune noir, tué par un officier de police latino.

Pour ceux qui ne connaissent pas West Wing, ou qui n’ont pas vu la saison 7, cet épisode intervient à un moment-clé de la campagne de Matt Santos. Matt Santos s’est finalement imposé dans la primaire démocrate: c’est le premier candidat latino à la Présidence. Comme Obama, Santos refuse de se laisser « définir » et enfermer comme un candidat « ethnique ».  » I don’t want to be just the brown candidate : I want to be the American Candidate ».

De même qu’on s’interrogea sur les capacités d’Obama à conquérir le vote des latinos pendant les primaires, Santos ne fait pas le plein des voix dans l’électorat noir.

Dans l’épisode Undecideds (140) de la saison 7, son directeur de campagne recommande une démarche spécifique en direction des électeurs noirs: « We need 90% of black voters. We’ve got 81%. 12% of African-Americans are undecided in this race. The black vote’s never had undecideds, but they’re willing to hang back and weigh their options because they don’t hate Vinick and they’re not sure they like the whole idea of Santos. This is not a small problem ».

C’est dans ce contexte qu’intervient le meurtre accidentel d’un jeune noir (qui venait de voler une voiture) par un policier latino. Ses conseillers lui recommandent de rendre visite aux parents du jeune noir : cette visite tourne mal. Une partie de la communauté noire attend de Santos qu’il condamne fermement l’acte du policier latino. Le discours que Santos doit prononcer dans l’église, en présence des parents et des voisins du jeune noir, devient décisif pour le vote noir comme le vote latino.

Santos écarte le texte préparé par ses conseillers et improvise un discours dans lequel il commence par exprimer sa colère (que faisait ce garçon dans une voiture volée ? Ce policier avait il vraiment besoin de tirer ?)

« You know, I find myself on days like this casting around for someone to blame. I blame the kid, he stole a car. I blame the parents, why couldn’t they teach him better. I blame the cop, did he need to fire. I blame every one I can think of and I am filled with rage.

Avant d’en appeler à la compassion.

« And then I try and find compassion. Compassion for the people I blame, compassion for the people I do not understand, compassion. It doesn’t always work so well. I remember as a young man listening on the radio to Dr. King in 1968. He asked of us compassion and we responded, not necessarily because we felt it but because he convinced us that if we could find compassion, if we could express compassion, that if we could just pretend compassion it would heal us so much more than vengeance could. And he was right: it did but not enough.

What we’ve learned this week is that more compassion is required of us and an even greater effort is required of us. And we are all, I think everyone of us, are tired. We’re tired of understanding, we’re tired of waiting, we’re tired of trying to figure out why our children are not safe and why our efforts to try to make them safe seem to fail. We’re tired. But we must know that we have made some progress and blame will only destroy it. Blame will breed more violence and we have had enough of that.

Blame will not rid our streets of crime and drugs and fear and we have had enough of that. Blame will not strengthen our schools or our families or our workforce. Blame will rob us of those things and we have had enough of that. And so I ask you today to dig down deep with me and find that compassion in your hearts because it will keep us on the road. And we will walk together and work together. And slowly, slowly, too slowly, things will get better. « 

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Une réponse à “West Wing Saison 8: Santos et Obama face à la question raciale

  1. les analogies entre la présente campagne et « West wing » sont très nombreuses. Parmi elles, la perspective d’une convention démocrate décisive (ce qui n’a plus existé aux USA depuis les années 60); la « rumeur » d’une candidature de 2e tour d’Al Gore (candidature du Gouverneur Baker). Il semble qu’en fait la figure d’Obama a inspiré les scénaristes pour construire l’image de Santos. Mais en tout état de cause le réalisme de cette série est impressionnant

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