Archives mensuelles : mars 2008

Mc Cain, War hero

Pendant que les démocrates poursuivent leur guerre fratricide, les Républicains s’attachent à sculpter l’image héroïque de McCain : expérimenté, courageux et patriote. McCain n’est pas homme à se rendre, ni à capituler : « we never surrender ».

Comme Ronald Reagan, qui reçut une balle qui faillit lui être fatale en 1981, il évoque un John Wayne insubmersible venant de l’ouest sauvage (il devient sénateur de l’Arizona en 1982) et refusant les conventions, comme le souligne Sylvie Laurent dans un remarquable portrait de McCain publié dans la Vie des Idées.

Cette premiére publicité à l’échelle du pays a pour titre « 624787 » : le numéro de matricule du soldat McCain. La vidéo s’ouvre sur un discours de campagne martial et se termine avec des images d’archives de McCain sur un lit d’hopital, aprés sa libération des camps de prisonniers vietnamiens. Interrogé, il décline son rang et son matricule : « lieutenant commander in the Navy, « 624787.« .

Cette vidéo mobilise les codes des bandes annonces hollywoodiennes, mêlant discours, couverture de Time (« A real hero ») et images d’archives de l’ancien prisonnier de guerre du Vietcong.

La campagne McCain avait largement mobilisé le registre du « war hero » durant la primaire face à Romney et Huckabey.

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Brad Pitt et Angelina Jolie cousins éloignés d’Obama et Clinton

D’après la société de généalogie de Nouvelle-Angleterre (NEHGC), Barack Obama serait un un lointain cousin de Brad Pitt. Obama serait lié à six présidents américains : George Bush, George Bush père, Gerald Ford, Lyndon Johnson, Harry Truman et James Madison.

Hillary Clinton peut se prévaloir de liens de parenté avec Angelina Jolie, Madonna, Céline Dion, Alanis Morissette et Jack Kerouak.

John McCain ,est pour sa part cousin au sixième degré de Laura Bush.

West Wing Saison 8: Santos et Obama face à la question raciale

Barack Obama a prononcé le 18 mars à Philadelphie un discours-clé sur la question raciale aux Etats-Unis. Prenant ses distances avec les sermons de Wright, il a saisi l’occasion de cette controverse (la plus grave depuis son entrée en lice) pour aborder, en 37 minutes, sur le fond , la question raciale :

 » La race est une question que le pays ne peut pas, à mon avis, se permettre d’ignorer en ce moment. Le fait est que les commentaires qui ont été faits et les questions qui ont émergé au cours des dernières semaines montrent que la question raciale est d’une complexité que nous n’avons jamais assumée : c’est une partie de notre union que nous devons encore parfaire. Si nous évitons la question, si nous nous retirons dans nos coins respectifs, nous ne pourrons jamais nous unir. »

Il a appelé les Américains à « dépasser leurs vieilles blessures raciales ».

Difficile, pour les amateurs de West Wing, de ne pas penser au discours de Matt Santos dans l’église noire, aprés la mort d’un jeune noir, tué par un officier de police latino.

Pour ceux qui ne connaissent pas West Wing, ou qui n’ont pas vu la saison 7, cet épisode intervient à un moment-clé de la campagne de Matt Santos. Matt Santos s’est finalement imposé dans la primaire démocrate: c’est le premier candidat latino à la Présidence. Comme Obama, Santos refuse de se laisser « définir » et enfermer comme un candidat « ethnique ».  » I don’t want to be just the brown candidate : I want to be the American Candidate ».

De même qu’on s’interrogea sur les capacités d’Obama à conquérir le vote des latinos pendant les primaires, Santos ne fait pas le plein des voix dans l’électorat noir.

Dans l’épisode Undecideds (140) de la saison 7, son directeur de campagne recommande une démarche spécifique en direction des électeurs noirs: « We need 90% of black voters. We’ve got 81%. 12% of African-Americans are undecided in this race. The black vote’s never had undecideds, but they’re willing to hang back and weigh their options because they don’t hate Vinick and they’re not sure they like the whole idea of Santos. This is not a small problem ».

C’est dans ce contexte qu’intervient le meurtre accidentel d’un jeune noir (qui venait de voler une voiture) par un policier latino. Ses conseillers lui recommandent de rendre visite aux parents du jeune noir : cette visite tourne mal. Une partie de la communauté noire attend de Santos qu’il condamne fermement l’acte du policier latino. Le discours que Santos doit prononcer dans l’église, en présence des parents et des voisins du jeune noir, devient décisif pour le vote noir comme le vote latino.

Santos écarte le texte préparé par ses conseillers et improvise un discours dans lequel il commence par exprimer sa colère (que faisait ce garçon dans une voiture volée ? Ce policier avait il vraiment besoin de tirer ?)

« You know, I find myself on days like this casting around for someone to blame. I blame the kid, he stole a car. I blame the parents, why couldn’t they teach him better. I blame the cop, did he need to fire. I blame every one I can think of and I am filled with rage.

Avant d’en appeler à la compassion.

« And then I try and find compassion. Compassion for the people I blame, compassion for the people I do not understand, compassion. It doesn’t always work so well. I remember as a young man listening on the radio to Dr. King in 1968. He asked of us compassion and we responded, not necessarily because we felt it but because he convinced us that if we could find compassion, if we could express compassion, that if we could just pretend compassion it would heal us so much more than vengeance could. And he was right: it did but not enough.

What we’ve learned this week is that more compassion is required of us and an even greater effort is required of us. And we are all, I think everyone of us, are tired. We’re tired of understanding, we’re tired of waiting, we’re tired of trying to figure out why our children are not safe and why our efforts to try to make them safe seem to fail. We’re tired. But we must know that we have made some progress and blame will only destroy it. Blame will breed more violence and we have had enough of that.

Blame will not rid our streets of crime and drugs and fear and we have had enough of that. Blame will not strengthen our schools or our families or our workforce. Blame will rob us of those things and we have had enough of that. And so I ask you today to dig down deep with me and find that compassion in your hearts because it will keep us on the road. And we will walk together and work together. And slowly, slowly, too slowly, things will get better. « 

Les insolents commentaires en vert de l’HADOPI

ZDNet.fr a rendu publique le 12 mars une des versions les plus récentes de « l’avant-projet de loi relatif à la Haute Autorité pour la diffusion des oeuvres et la protection des droits sur internet ».

Ce projet de loi s’efforce laborieusement de donner une forme juridique au dispositif prévu par les accords Olivennes, signés en novembre dernier : la fameuse riposte graduée.


Pourquoi Hadobi ?

Le fichier s’apelle hadobi-pcc-version-cabinets.doc. Pourquoi Hadobi ?

On finit par comprendre qu’Hadobi est l’acronyme de la Haute Autorité pour la diffusion des œuvres et la protection des droits sur Internet. Il devrait plutôt s’appeler Hadopi. Avec un P.

Ce projet de loi, dont l’examen est annoncé pour le mois d’Avril, risque d’être durablement attaché à cet acronyme. Un acronyme, HADOPI, de surcroît, qui rime fort malencontreusement avec DADVSI.


D’étranges et insolents commentaires en vert…

Le fichier hadobi-pcc-version-cabinets.doc. est en format Microsoft Word.

On y voit (en bleu) la trace des modifications du texte qui résultent des allers-retours entre les cabinets. On y découvre aussi (en rouge) tout une série de modifications qui tendent à compliquer un peu plus la mise en oeuvre de la riposte graduée. Ou qui vident de leur substance certaines des dispositions envisagées.

On trouve (en vert) d’étranges commentaires qui jettent le doute sur la faisabilité juridique de la « riposte graduée ».

Un des protagonistes de ce ballet juridique ajoute ainsi (en vert) à propos de l’attribution d’une « mission d’observation dans le domaine de l’offre légale et de l’utilisation illicite de ces œuvres et objets sur les réseaux de communication électronique » ce commentaire quelque peu insoment : « Cette disposition ne relève pas d’une application conforme des accords de l’Elysée ». .

Plus loin, le transfert à l’HADOPI de la « compétence, actuellement dévolue au président du TGI par l’article L. 332-1 4° CPI, l » s’attire, toujours en vert, ce commentaire rageur : « Cette disposition doit être supprimée »….

Rageur, mais argumenté.

« Pour les raisons suivantes :

- L’article L. 331-23 aurait pour conséquence de remettre en cause directement le principe de subsidiairité posé par l’article 6-I-8 de la loi pour la confiance dans l’économie numérique (LCEN). Selon cette disposition, l’autorité judiciaire ne peut ordonner aux prestataires d’accès toute mesure propre à prévenir une atteinte à un droit qu’après avoir ordonné sans succès une telle mesure à l’hébergeur. Ce principe, reconnu par la jurisprudence, est également inscrit à l’article L. 32-3-4 du CPCE ;

- L’article L. 331-23 entrerait en conflit avec l’article 6-I-8 LCEN dont le champ d’application est beaucoup plus large. L’article L. 331-23 créerait une différence procédurale non justifiée entre les contenus portant atteinte à des droits de propriété intellectuelle et les contenus illégaux d’une autre nature ;

- L’article L. 331-23 méconnaîtrait enfin la compétence de l’ordre judiciaire. Seule l’autorité judiciaire, gardienne des libertés individuelles, est compétente pour mettre fin à une violation, avant tout jugement au fond. Cette mesure provisoire est en effet susceptible de porter atteinte aux droits des personnes. Cette mesure doit donc être proportionnée. »

Bref, on a e sentiment de suivre « en temps réel » les hésitations, les doutes, les repentirs, les incertitudes des rédacteurs du projet de loi.


Passage à la moulinette et révélation des contributeurs

Deux jours plus tard, Marc Rees, un journaliste de PCImpact passe ce fichier hadobi-pcc-version-cabinets.doc à la moulinette d’un éditeur de texte hexadécimal.

« Si l’on passe maintenant ce hadobi-pcc-version-cabinets.doc à la moulinette d’un éditeur de texte hexadécimal. Surprise ! À la ligne 00014980 apparaissent trois noms : Bineau Mathieu, Estelle De Marco et un troisième lié à Dahlia Kownator.

Un petit coup de Google pour rafraîchir les mémoires vives :
- Mathieu Bineau est chez Neuf Cegetel depuis 2006 où il assume aujourd’hui le poste de directeur de la Réglementation. Avant Neuf, il était dès 2003 au cabinet du Ministère de la Culture.
- Estelle de Marco est responsable aux affaires juridiques et réglementaires à l’AFA, association des fournisseurs d’accès et de service internet (qui comprend dans ses membres la plupart des FAI sauf Free) »
- Dahlia Kownator : Déléguée Générale de l’AFA.

Marc Rees commente ainsi sa découverte :

« Le texte qui circule actuellement, et diffusé à l’origine par ZDnet, a une qualité qui est à la fois un énorme défaut : il est au format .doc, un format qui n’est pas spécialement robuste en terme de sécurité. Ce format est pratique dans l’écosystème Windows, mais il est aussi une véritable éponge. Il a cette détestable habitude de laisser des traces dans ses sources. Ces traces peuvent être des informations présentes dans la mémoire vive de la machine ayant servi à tapoter et enregistrer le contenu (des éléments copiés collés en mémoire). Mais dans d’autres cas, cela donne aussi des indices sur l’identité de ceux qui ont eu les données entre leurs mains. Et évidemment, un texte échangé entre A, B et C va ramasser, tel un aspirateur, ces poussières informatiques invisibles. »

Dés lors, tout s’éclaire. C’est aux représentants des fournisseurs d’accès (et non à un juriste sourcilleux de la Chancellerie) que l’on doit ces étranges modifications (en rouge) et ces commentaires insolents (en vert).


C’est une pratique discutable mais courante, dans les cabinets ministériels, de faire circuler les projets de loi auprés des groupes d’intérêt concernés, afin de leur permettre de suggérer des modifications. Une pratique aussi courante que celle qui consiste pour les groupes d’intérêt de soumettre au gouvernement comme aux parlementaires des projets d’amendement complétement rédigés.

Encore faut il éviter de laisser des traces.

Et le Sénat ?

Une grande partie des débats hier soir portait sur la signification nationale de cette série d’élections locales.

Il y a au moins un domaine dans lequel les municipales et cantonales ont un impact national, c’est la composition du Sénat.

Les socialistes présents sur les plateaux n’ont pas saisi l’occasion de pointer l’aberration du mode de désignation des sénateurs. C’est dommage.

Bien que la gauche détienne desormais 22 des 24 regions (92%), peut être 60 des 100 departements (hors DOM-TOM), 183 des 307 villes de plus de 30 000 habitants (60%), elle n’est pas assurée de conquerir une majorité au Sénat en septembre 2008, ni même en 2011.

Malgré la réforme de la composition du Sénat adoptée en 2003, les élus ruraux continuent de peser d’un poids décisif dans l’election des sénateurs : les 142 000 délégués des conseils municipaux representent 95 % de l’ensemble des grands électeurs du Sénat.

Le PS a inscrit la réforme du Sénat dans son programme depuis longtemps. Le Projet socialiste propose que le Sénat entre « dans l’ère de l’alternance par l’extension du mode de scrutin proportionnel départemental à partir de 3 sièges et la modification du collège sénatorial ».

André Vallini propose ainsi de déterminer le nombre de délégués sénatoriaux sur la base de 1 pour 100 habitants et prévoir leur désignation à la proportionnelle du conseil municipal, pour mieux représenter le poids des populations.

Parmi les options, faire du Sénat un « Bundesrat à la française », avec moitié de membres de droit (présidents de régions, de conseils généraux, de collectivités d’outre-mer et maires des villes de plus de 100 000 habitants) et pour moitié (entre 120 et 180) élus par les seuls maires dans un cadre régional.

Il est vrai que les questions institutionnelles passionnent modérement les citoyens.

La soirée d’hier était peut-être l’occasion de faire un peu de pédagogie sur l’archaîsme que constitue le Sénat dans sa forme actuelle. L’occasion aussi de rappeler que le Sénat joue un rôle essentiel : pas seulement en tant que « Haute Assemblée » face à l’Assemblée, mais aussi par le pouvoir qu’a son Président de désigner desmembres dans ces deux piliers de la vie démocratique que sont la CSA et le Conseil Constitutionnel.

Téléphone rouge : les parodies (4)

La vidéo du téléphone rouge a suscité des dizaines de parodies sur YouTube.

Téléphone rouge : la stratégie de la peur (3)

Dans sa riposte au clip du téléphone rouge de Clinton, Obama évoque à mots couverts le précédent fameux qu’avait constitué le spot télévisé diffusé par la campagne Mondale pour affaiblir et décrédibiliser Gary Hart lors des primaires démocrates de 1984. (Un spot qui s’inscrivait lui même dans la lignée du spot Daisy qui avait été le temps fort de la campagne télévisée de Lyndon Johnson en 1964).

Les partisans d’Obama ne s’imposent pas la même prudence. Plusieurs d’entre eux s’attelent en quelques heures à réaliser des spots qui enchainent le téléphone rouge de Clinton et celui de Walter Mondale. du télé