Archives mensuelles : décembre 2007

Le téléchargement a t il tué Wallen ? Etude de cas

Dans l’article que Télérama consacre, dans son dernier numéro, à la crise de l’industrie du disque, Pourquoi le disque craque,, un passage m’a fait sursauter.

Il s’agit d’un propos de Marc Thonon, directeur du label indépendant Atmosphériques. Voilà le passage en question : « Je me suis rendu compte du problème en janvier 2005, se souvient Marc Thonon, directeur d’Atmosphériques. On avait un titre de Wallen, Donna, qui marchait très fort en radio, mais curieusement les ventes ne décollaient pas. Pascal Nègre, le patron d’Universal, qui distribuait le disque, a demandé à ses forces de vente de mettre le paquet, j’ai pris un peu de pub en radio et en télé. Toujours rien, au contraire, les ventes se sont mises à baisser ! Alors je suis allé voir sur Internet. Il existe un moteur de recherche qui recense le nombre de tentatives de téléchargement illégal, et là, j’ai compris. Il y avait plus de deux millions de demandes par semaine… ». Lire la suite

Taxation des revenus publicitaires des plateformes d’hebergement et de partage : taxe ou chantage ?

Le 23 novembre était signé à l’Elysée un accord entre représentants des industries culturelles (cinéma, musique, télévision) et des télécommunications. En présence du Chef de l’Etat.

Cet accord prévoyait que les plates-formes d’hébergement et de partage de contenus (comme DailyMotion ou GoogleYouTube généralisent “à court terme les techniques efficaces de reconnaissance de contenus et de filtrage”.

Problème : les principaux concernés, DailyMotion et GoogleYouTube n’ont signé cet accord.

On vient d’apprendre qu’un amendement-surprise au projet de loi de finances 2008 déposé et voté, à la sauvette, institue une taxer de 2% sur les revenus publicitaires générés par les vidéos diffusées sur le Web.

Difficile de ne pas voir un lien entre l’amendement-surprise et le refus des plates-formes de signer l’accord du 23 novembre.

Si cette hypothèse devait se vérifier, cela signifie que la législation fiscale est détournée de ses fins pour devenir un instrument de chantage et faire rentrer dans le rang des entreprises récalcitrantes…

Le 23 novembre, Nicolas Sarkozy n’avait pas caché son impatience de voir l’accord concocté par Denis Olivennes mis en œuvre. Avant six mois. « Je vous propose que l’on se retrouve dans six mois, au même endroit [au palais de l’Elysée], pour tirer le bilan de six mois d’application de ces nouvelles normes. En prenant un engagement devant vous : si cela marche, on continue comme cela, si cela ne marche pas suffisamment bien, on prendra les mesures pour obtenir des résultats. ». Coûte que coûte ?

Décidément, le libéralisme autoritaire de Nicolas Sarlozy est de moins en moins libéral et de plus en plus autoritaire.

L’innovation selon Denis Olivennes

Rapport Olivennes : indigeste et indigent

Le mot « innovation » ne figure pas une seule fois dans le rapport de la Commission Olivennes. Comme « radio » ou « baladeur », jamais évoqués.

Les mots « filtrage », « sanction », « avertissement », en revanche, apparaissent respectivement 54, 81 et 21 fois.

Le mot « innovant » revient, il est vrai, trois fois.

« Une telle orientation permettrait aussi de soutenir des entreprises innovantes françaises, très présentes sur les technologies en question, et de leur donner une bonne visibilité internationale sur un secteur porteur ».

« De nombreux outils existent ou sont en cours de développement. Différents dans leur approche et donc dans leurs performances et limitations, ils sont proposés par plusieurs sociétés dont un certain nombre de groupes industriels ou de PME innovantes françaises. »

« S’appuyer sur un certain nombre de technologies innovantes prometteuses, récemment développées, qui n’ont cependant pas encore atteint le stade de leur pleine maturité. »

De quoi s’agit il ?

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Storytelling ou quand on a un marteau, tout ressemble à un clou

Storytelling, la machine à fabriquer des histoires et à formater les esprit Christian Salmon Éditeur : La Découverte


Depuis qu’elle existe, l’humanité a su cultiver l’art de raconter des histoires, un art partout au cœur du lien social. Mais depuis les années 1990, aux États-Unis puis en Europe, il a été investi par les logiques de la communication et du capitalisme triomphant, sous l’appellation anodine de « storytelling » : celui-ci est devenu une arme aux mains des « gourous » du marketing, du management et de la communication politique, pour mieux formater les esprits des consommateurs et des citoyens. Derrière les campagnes publicitaires, mais aussi dans l’ombre des campagnes électorales victorieuses, de Bush à Sarkozy, se cachent les techniciens sophistiqués du « storytelling management » ou du « digital storytelling ».

L’ouvrage de Christian Salmon donne incontestablement à réfléchir. Storytelling rassemble un corpus considérable d’exemples et d’observations sur les techniques narratives à l’œuvre dans les domaines de la publicité, du marketing, des marques, de la gestion des ressources humaines et de la communication politique.

L’auteur situe l’essor du storytelling au début des années 90. L’apparition du « storytelling management » et son adoption par les grandes marques coïncideraient avec un « storytelling revival » : des dizaines de milliers de personnes rejoignent chaque année le National Storytelling Network ou participent a l’un des deux cent festivals de « storytelling » organisés aux États-Unis. À la suite d’un certain nombre d’auteurs américains, il associe l’essor du « storytelling » au « narrative turn » à l’œuvre dans les sciences sociales. C’est à travers Internet que ce « storytelling revival » se serait répandu dans la société americaine, puis au-delà.

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Riposte graduée : la troisième tentative sera t elle la bonne ?

Le Rapport Olivennes : indigeste et indigent

Denis Olivennes s’etait engagé à formuler de propositions qui tiennent en une page A4. Le pari est tenu avec 13 propositions (même si le rapport totalise 110 000 signes, majoritairement focalisées sur l’examen des différentes technologies de filtrage).

Parmi les 13 propositions, seules quatre visent à rendre les offres commerciales plus attractives face aux pratiques d’échange non-autorisées, notamment la réduction de la fenêtre VOD de 7 mois et demi après la sortie en salle à 4 mois, ainsi que le retrait des mesures techniques de protection.

- A part une (hypothétique) baisse de la TVA sur les produits culturels, la Commission Olivennes ne formule aucune proposition sur question, pourtant centrale, des prix de la musique ou des films en ligne.

Les producteurs de musique, soucieux d’aligner le prix des fichiers en ligne sur celui des supports physiques ont fixé le prix de gros à 0,99 euros pour chaque titre. « Le maintien de prix de gros excessifs est de surcroît un frein au développement de nouveaux modèles économiques fondés sur l’accès (modèle de l’illimité), modèle rationnel dans un univers où les coûts marginaux tendent vers 0 comme cela est le cas dans l’univers numérique », comme l’avait noté UFC-Que Choisir. La politique de prix est pourtant l’un des leviers essentiels si l’on souhaite que le public se tourne vers les plateformes commerciales.

Dans une Note au ministre de la culture et de la communication et au ministre délégué à l’industrie, deux hauts fonctionnaires attribuaient « l’atonie du marché actuel » à « une politique des prix peu intelligible par les consommateurs ». ( 1 )

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