Le rapport Olivennes en quelques chiffres

Rapport Olivennes : indigeste et indigent

Le rapport de la Commission Olivennes a été diversement accueilli. Avec enthousiasme, par les représentants des industries culturelles. Avec ironie, par certains, pour souligner le caractére impraticable de la « riposte graduée » et du filtrage généralisé. Avec indignation, par d’autres, pour pointer les atteintes aux libertés publiques.

Le mandat de la Commission était strictement délimité. La lettre de mission assignait à la Commission Olivennes des objectifs bien précis : comment enrayer les pratiques d’échange non autorisées ?

On attendait cependant des analyses sur sur les raisons pour lesquelles les internautes échangent et partagent des oeuvres. Comment enrayer ces pratiques si on ne les comprend pas ?

On attendait aussi une analyse des effets de ces pratiques de partage sur l’économie des biens culturels. Les économistes débattent depuis plusieurs années de cette question. Olivennes avait d’ailleurs fait appel à un économiste, Michel Bomsel.

On attendait aussi, peut être, une analyse du nouvel écosystème culturel numérique dans lequel ces pratiques d’échange s’inscrivent. Et des défis que cet environnement numérique pose aux industries de la musique et du cinéma.

On ne trouve rien de tout cela dans le rapport de la Commission Olivennes.

Ce rapport tient en quelques chiffres.

Le mot « innovation » ne figure pas une seule fois dans le rapport de la Commission Olivennes. Comme « radio » ou « baladeur », jamais évoqués.

Les mots « filtrage », « sanction », « avertissement », en revanche, apparaissent respectivement 54, 81 et 21 fois.

Le rapport (hors page de garde et liste des personnes auditionnées) représente 110 536 caractéres.

Sur ces 110 536 caractéres :

- 5 982 signes (5,4% du total) seulement sont consacrés à la mesure du phénomène.

- 823 signes (0,7%) à l’évaluation des effets économiques. C’est peu.

- 9 662 signes (8,7%) seulement consacrées aux mesures positives destinées à encourager le développement de l’ offre légale.

- Aucune analyse, même sommaire, des motivations des internautes qui s’adonnent aux pratiques de partage et d’échange.

- Rien non plus sur les initiatives et les innovations en matiére de distribution de la musique. Pas un mot sur Myspace, DailyMotion, Facebook ou Youtube. Ni sur les nouvelles offres et les nouvelles plateformes : Deezer, Muzikoo, MusicMakesFriends,LastFm, BlogMusik, Jiwa, RadioBlogClub, Blast My Music, Airtist… Pas un mot, non plus, sur les démarches de paiement volontaire uu type RadioHead.

L’essentiel du rapport (78 356 signes, 71% du total) est consacré aux mesures dissuasives : techniques (filtrage) et juridiques (« riposte graduée ».

Les préoccupations de la Commission Olivennes mesurées en nombre de caractéres

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