Archives mensuelles : septembre 2007

La société des socialistes de Rémi Lefebvre et Frédéric Sawiki

« Il faut avoir le cœur bien accroché pour rester au PS. »

Michel, militant socialiste à Lille

« On n’avait pas besoin de discuter, de débattre parce qu’on avait tous les mêmes idées… Je vois bien dans les réunions maintenant, ils passent leur temps à faire des grands débats intellectuels, y en a qui sont jamais d’accord… »

Une militante ouvriére du PS dans le Pas de Calais

« Y a pas beaucoup de fraternité dans le parti, c’est un milieu très dur. Les amitiés sont jamais durables. Y en a qui vendraient leur mère ».

Un militant de Villeneuve-d’Ascq


Dans « La société des socialistes : le PS aujourd’hui », Rémi Lefebvre et Frédéric Sawiki dressent, à coups de statistiques, de rappels historiques et d’une enquête de terrain, décrivent un parti recroquevillé sur lui même et de plus en plus homogène socialement.

S’il a, sur les vingt-cinq dernières années, gouverné le pays pendant quinze ans, il est, parmi les partis sociaux-démocrates européens, l’un des plus faibles en termes de scores électoraux (27,8 % en moyenne au premier tour des législatives entre 1981 et 2005).

Le socialisme français n’a jamais été complètement « populaire ». Il reste que le PS d’aujourd’hui se caractérise par une fermeture inédite aux groupes sociaux situés en bas voire au milieu de l’échelle sociale. Ses élites (élus, membres du Conseil national et des cabinets ministériels), sont de plus en plus recrutées au sein des classes supérieures et, en large majorité, dans la fonction publique. Ce constat vaut aussi pour les militants qui s’embourgeoisent, avec un très faible recrutement au sein des classes populaires (5 %), des salariés précaires (4 %) et des chômeurs (3 %). 59 % des adhérents appartiennent au secteur public.

Si les militants d’origine populaire se font rares, c’est un effet, selon les deux chercheurs, de la généralisation, au sein du PS, d’une « culture du débat » qui valorise la réflexion collective et la libre expression des militants. Les pratiques les plus ordinaires du militantisme (tractage) sont ainsi dévalorisées au profit d’une « intellectualisation » du militantisme.

Si le flux de nouveaux adhérents (il semble d’ailleurs que de nombreux rsponsables scialistes aient renoncé à les conserver dans leurs rangs, quand ils ne les dissuadent pas de confirmer leur adhésion) contribue a rajeunir un parti dont l’âge moyen de l’adhérent tournait, en 2000 , autour de 55 ans (et dont seuls 14 % avaient moins de 40 ans), il n’inverse pas les tendances sociologiques : les nouveaux adhérents sont très majoritairement issus des classes moyennes et moyennes supérieures, très diplômées, citadines.

Le PS a aussi beaucoup de difficultés à faire de la place aux candidats issus de l’immigration.

R. Lefebvre et F. Sawicki décrivent aussi un « univers hobbesien » où l’on « ne s’aime pas, ou peu » et où « rapporter les prises de positions des militants aux positions dans l’espace partisan relève d’un quasi-réflexe ».

Certes, rappellent Rémi Lefebvre et Frédéric Sawiki, le cynisme en politique ne date pas d’aujourd’hui, mais la nouveauté est que la concurrence touche toute la communauté militante, du sommet jusqu’à la base, et que la « lutte pour les places », contrairement à d’autres milieux militants, y est peu déniée.

Les deux chercheurs dressent un tableau clinique d’une certaine forme de « malheur militant » : « on ne s’y retrouve pas », « il n’est pas facile de militer ».

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La rubrique Culture-médias du site du PS vire à la rubrique nécrologique

La rubrique Culture-médias du site du PS a pris, cét été, des allures de rubrique nécrologique

Le Parti socialiste s’associe à l’hommage unanime et universel rendu à Marcel Marceau qui vient de nous quitter.

Le Parti socialiste apprend avec émotion le décès d’Ingmar Bergman...

Le Parti Socialiste exprime sa grande tristesse à l’annonce du décès de Michel Serrault

Hommage à Oussmane Sembene

Le Parti socialiste salue la mémoire de Jean Claude Brialy

Jean-Claude Brialy, Michel Serrault …

Pas un mot à la mémoire d’Antonioni…

En 2001, les Verts s’étaient mis d’accord pour réaliser un audit participatif

En 2001, les Verts se mirent d’accord pour confier à une équipe extérieure composée de trois universitaires la réalisation d’un audit participatif interne. Celui-ci fut réalisé début 2002 et ses conclusions rendues publiques au lendemain du 21 avril 2002.

La direction des verts avait confié à deux politologues et un économiste la réalisation d’un « audit participatif interne ». L’audit reposait sur un questionnaire adressé a 3000 militants et responsables des Verts. Il etait complété par des entretiens conduits par les trois universitaires.

Cet audit participatif dressait un diagnostic sans concessions sur l’état du Parti écologiste.

Principales conclusions :

- le nombre des adhérents a doublé entre 1997 et 2002, mais s’ils avaient réussi à fidéliser tous les nouveaux venus depuis cinq ans, les Verts seraient aujourd’hui 15 000 et non 10 000. La majorité des adhérents actuels ne l’étaient pas en 1997 : différentes cultures cohabitent, sans synthèse.

- Les Verts n’étaient pas préparés, collectivement, à entrer au gouvernement et à l’Assemblée nationale, estiment les chercheurs. Militants peu professionnels, ils comptent bon nombre de bénévoles  » sur-sollicités  » et mal reconnus.

- Leurs textes réglementaires et statutaires,  » résultat de l’addition de plusieurs strates de modifications  » , ne sont pas adaptés au fonctionnement d’un parti qui a vocation à gouverner.

- Au total, c’est une organisation  » éclatée et faible « , alors même, soulignent les politologues, que la majorité des responsables, cadres, salariés, élus et militants,  » croient dans le potentiel de l’écologie politique  » .


Méthodologie de l’audit participatif interne (API) des Verts

Structure de gestion de l’API

Un groupe de pilotage, dont la composition a été validée par le CE, a été mis en place. Son rôle a été d’accompagner l’ensemble du processus. Les membres du groupe sont trois « experts extérieurs et dix « Verts » (représentants des Verts reflétant largement la diversité interne des Verts en termes de position dans l’organisation (salariés/bénévoles, responsables/adhérents, échelon national/régional, etc.), de sensibilités, de région, d’âge, et de genre) :

Ce groupe de pilotage, de taille volontairement restreinte, s’est réuni assez peu souvent en séance plénière (uniquement lors de certaines étapes-clés de la démarche : 19 novembre 2001, 4 janvier 2002, 26 mars 2002, 2 juillet 2002, 28 août 2002, 8 octobre 2002).

Les trois intervenants externes se sont, en outre, réunis à plusieurs reprises pour la gestion des volets plus techniques du travail.

Une personne-relais a également été désignée au sein des Verts.

Outils concrets de l’API

L’API a tiré profit de sept outils de diagnostic

1/ un dossier d’information fourni par Les Verts ; 2/ une enquête auprès des élus, responsables et salariés ; 3/ des entretiens individuels ; 4/ des débats collectifs en régions ; 5/ une enquête auprès des adhérents ; 6/ l’observation de réunions des Verts ; 7/ les contributions individuelles ou collectives reçues.

Dossier d’information

- Vert-Contact et toutes autres publications envoyées aux adhérents (La Tribune des Verts, etc.) ;
- Comptes-rendus des AG et CNIR ;
- Documents relatifs au personnel ;
- Textes programmatiques ;
- Données financières ;
- Données extraites du fichier des adhérents ;
- Documents des travaux de la commission “ réforme des statuts ”, travaux effectués avant le lancement de l’API, ainsi que quelques résultats issus d’un questionnaire « statuts » envoyé via Vert-Contact en 2001 ;
- Divers documents de précédentes réflexions en matière d’organisation, durant les dernières années (depuis 1996).

Enquête « responsables-élus-salariés »

En décembre 2001 et janvier 2002, un questionnaire d’enquête à prédominante qualitative été envoyé à toutes les personnes qui, au sein des Verts, appartiennent à au moins une des catégories suivantes :

1. Membre du gouvernement. 2. Membre du personnel (adhérent des Verts) d’un cabinet ministériel. 3. Parlementaire européen (des Verts français). 4. Membre du personnel (adhérent des Verts) du groupe des Verts au Parlement européen. 5. Deputé(e) ou sénatrice. 6. Conseiller(e) régional(e). 7. Membre du personnel (adhérent des Verts) dans un groupe des Verts d’un Conseil régional. 8. Membre du CE. 9. Membre du CNIR. 10. Membre du Conseil statutaire. 11. Responsable régional (porte-parole, secrétaire, trésorier(e), autre membre de CAR). 12. Responsable départemental (membre de SE départemental). 13. Membre du personnel du secrétariat national. 14. Responsable d’une commission nationale. 15. Responsable et/ou membre du personnel d’une organisation liée aux Verts (FEDEL, EGEP, CEDIS, Jeunes Verts, Chiche !, ECODIF)

L’ensemble de ces personnes correspond à environ 1100 individus. Quelques questions fermées ont été ajoutées, afin de comparer les réponses à celles de l’enquête adhérents . Un total de 219 questionnaires complétés, envoyés sous forme papier ou électronique, ont été réceptionnés.

Le taux de réponse est donc assez faible, de l’ordre de 20 %. Les données de cette enquête n’en restent pas moins intéressantes, comme l’indiquent les quelques faits et chiffres suivants, relatifs à l’enquête et aux personnes ayant répondu.

Audit participatif

Parti Socialiste : état des lieux (2002)

Parti socialiste et salariat. Un aperçu (1971-2002) – par Maurice Braud

Une dotation publique annuelle de 19,32 millions d’euros

Une informatisation embryonnaire

Le fossé entre le PS et les classes populaires : phénomene récent ou rupture plus profonde ?

La féminisation se poursuit, mais lentement …

Démographie : un parti vieillissant

Faiblesse du recrutement populaire Prédominance des salariés issus du secteur public

Homogénéité culturelle et sociologique des élites socialistes

Notabilisation des élus

Technicisation du discours socialiste Une démocratie interne procédurale et excluante

Du recours aux experts à l’expertisation des dirigeants

Expertise et production d’idées : Comment fonctionnent les Commissions ?

Expertise et production d’idées : Comment sont composées les Commissions ?

Expertise et production d’idées : Comment s’élabore un Projet socialiste ?