Archives mensuelles : septembre 1999

Hollywood et le Pentagone coopèrent dans les effets spéciaux et les techniques de simulation

Le Débat Stratégique Nº46 — Septembre 1999. Par Maurice Ronai

originellement publié sur: http://www.ehess.fr/cirpes/ds/ds46/simulation.html

Les forces armées américaines ont perçu très tôt l’intérêt de favoriser la production des films de combat. L’US Navy mit ses navires à la disposition de Hollywood bien avant la Première guerre mondiale. La coopération Hollywood-ministère de la Défense s’intensifie pendant la Seconde guerre mondiale, se distend pendant et après la guerre du Vietnam, pour se réactiver sous la présidence Reagan.

Le succès de Top Gun (1986) a ouvert une nouvelle période dans les relations entre Hollywood et le Pentagone. Les forces armées mettent de plus en plus complaisamment à la disposition des producteurs personnel, installations, avions et navires et ne facturent qu’une petite partie des coûts. En contrepartie, elles exercent un contrôle sur les scénarios, et notamment sur l’image des forces armées. Les studios y trouvent leur compte : ils préfèrent tourner à bord d’un vrai porte-avions, ou disposer d’un vrai F-16, quitte à soumettre leurs scénarios aux experts du Pentagone. Chacune des armes a installé des bureaux auprès des studios pour étudier les scénarios, suggérer des modifications ou des idées de scènes. Hollywood soumet chaque année deux cents scénarios au Pentagone.

Officiellement, les experts militaires s’assurent de la vraisemblance des scènes de combat ; en fait, le Pentagone veille surtout à l’image que ces films donnent des forces armées. Les studios refusent parfois de se soumettre aux injonctions des militaires : Crimson Tide (qui montre un commandant de sous-marin prêt à déclencher une guerre atomique, 1995), GI Jane (une jeune femme veut intégrer les Navy Seals et se heurte aux manœuvres d’empêchement de l’état-major de la Marine) ou Courage Under Fire (une femme officier est abandonnée au combat, en pleine guerre du Golfe, par ses subordonnés) ont été tournés sans l’apport logistique et matériel de la Navy et de l’Army.

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