La guerre des données: L’Europe à la croisée des réseaux (1979)

Maurice Ronai et Antoine Lefebure, « La guerre des données » in Le Monde Diplomatique, novembre 1979

La prospérité des fournisseurs américains dépend de l’existence d’un marché européen ouvert à leur pénétration. Premier pas dans la voie d’une réplique concertée, la mise en place d’Euronet, l’an prochain, est le fruit d’une volonté de coopération de la part des administrations des P.T.T. L’établissement de banques de données européennes et la normalisation des techniques sont deux autres conditions nécessaires à la création d’un vrai marché commun de l’information.

L’Europe occidentale accuse un net retard. Aussi, l’industrie américaine de l’information l’appréhende-t-elle d’abord comme un vaste marché où ses produits ne rencontrent encore qu’une faible concurrence, et où la collaboration avec des partenaires en situation de dépendance permet d’abaisser les coûts de production par un inégal partage des tâches. C’est aussi un vaste gisement informationnel, que les services américains pourraient exploiter si les Européens le laissaient en friche. Faute d’une distribution adaptée, de remarquables réalisations pourraient être commercialisées par des services localisés sur le territoire américain. La résistance à la pénétration américaine implique une coopération entre gouvernements et passe par des alliances entre sociétés privées, mais les impératifs de souveraineté comme la logique de rentabilité entravent cet effort.

Le retard sur les Etats-Unis est inégal suivant les pays. Ainsi, le Royaume-Uni s’est engagé très tôt dans la collaboration, avec les systèmes américains : la communauté de langue n’explique pas, à elle seule, cette étroite association. Derwent (base de données pour les brevets) et les fichiers du Commonwealth Agricultural Bureau sont accessibles sur des serveurs américains. La British Library collabore depuis longtemps avec la Library of Congress et la National Library of Medecine. Inspect (base de données en électricité et électronique) réalise 40 % de son chiffre d’affaires outre-Atlantique. Pendant ce temps, la France développait des systèmes orientés essentiellement sur le marché national, sans politique d’ensemble : quelques réalisations comme Pascal du C.N.R.S. la plaçaient au second rang derrière les Etats-Unis, en volume de références, mais très loin en chiffre d’affaires. En R.F.A, après une politique de sous-traitance des systèmes américains, le gouvernement fédéral a mis sur pied un programme de subventions qui atteint 440 millions de marks sur quatre ans. Il devrait aboutir à seize systèmes nationaux d’information spécialisés. La caractéristique majeure de l’industrie de l’information en Europe (et tout particulièrement de son secteur de pointe, on line) est son haut niveau de dépendance administrative et financière à l’égard des gouvernements nationaux. Excerpta Medica (médecine), qui dépend de l’éditeur multinational Elsevier, et Derwent (brevets), qui dépend de Thompson International, sont de notables exceptions.

La suprématie américaine, sensible depuis 1971, quand les bases de données américaines furent accessibles en Europe via Tymnet, impose une logique commerciale à des organisations prioritairement tournées vers le service public. La concurrence américaine ne porte pas seulement sur le volume des données, la couverture bibliographique assurée par les géants Lockheed ou System Development Corporation (S.D.C), mais aussi sur la qualité des services offerts, les méthodes de gestion, le recours intensif aux spécialistes de la promotion et du marketing. Les Etats européens sont confrontés à des choix décisifs : rivaliser avec les systèmes américains, c’est-à-dire se soumettre aux mêmes impératifs de profit, ou préserver des filières informationnelles dans des secteurs clés. Sauvegarder la notion de service public et renoncer à rentabiliser de lourds investissements ou se lancer dans une bataille commerciale. Bien sûr, les efforts tendent à concilier impératifs de souveraineté et impératifs de profit, mais, dans les faits, on constate qu’une des deux logiques, commerciale ou politique, finit par imposer sa loi.

20 % du marché américain

La suprématie américaine peut se mesurer en nombre d’interrogations effectuées en Europe sur des systèmes basés aux Etats-Unis (on ne peut dissocier dans les chiffres qui suivent les interrogations qui émanent de compagnies américaines installées en Europe ou celles des clients européens).

En 1977, 300 000 interrogations ont été faites en Europe contre 1 500 000 aux Etats-Unis. (L’Europe considérée comme une entité représente 20 % du marché américain.) En 1978, on a enregistré 700 000 interrogations (prévisions : 1 500 000 en 1982 et 2 350 000 en 1985).

Tout le problème réside dans l’évolution du rapport entre le nombre total d’interrogations effectuées sur des systèmes américains et le nombre total d’interrogations. En 1978, il était de 400 000 sur 700 000. Et encore faut-il préciser que les 300 000 effectuées sur des systèmes nationaux ou européens (comme celui de l’Agence spatiale européenne) portaient pour beaucoup sur des bases de données d’origine américaine, distribuées par des systèmes nationaux ou européens. Ainsi le fichier de la NASA était accessible sur le serveur de l’Agence spatiale européenne, ou Medlars (National Library of Medecine), via l’INSERM.

Si l’Europe représente 20 % du marché américain, on peut en déduire que la rentabilité des grands serveurs américains serait compromise par l’utilisation de systèmes nationaux par les Européens puisque le profit de groupes comme S.D.C. ou Lockheed se réalise à la marge, précisément sur les 20 % extérieurs au marché américain. En revanche, si les systèmes d’information nationaux distribuent des banques et bases de données américaines, elles accentueraient encore leur rentabilité, tout en les émancipant de la tutelle des serveurs américains. En d’autres termes, que l’effort porte sur la distribution, et non sur la production de banques et bases de données, cela n’aboutit qu’à modifier les rapports de forces entre serveurs et producteurs américains, au profit des seconds, sans remédier à la situation de dépendance informationnelle. Jouer sur cette divergence d’intérêts entre serveurs et producteurs américains ne saurait fonder une politique.

Si les pouvoirs publics français ont fait un effort soutenu pour la production de banques et bases de données (Pascal, Thermodata, Pluridata, Ergodata …) en Allemagne occidentale, les initiatives se sont portées vers la distribution et, en Grande-Bretagne, vers la coopération avec les partenaires américains et la recherche d’une audience internationale. On ne peut ainsi, dans aucun de ces pays, discerner un plan d’ensemble. La mise en place, au niveau de la C.E.E., du réseau Euronet oblige chacun des gouvernements à définir des stratégies.

Pendant longtemps la coopération entre Européens n’a été effective qu’à travers des systèmes internationaux UNIS et AGRIS) ou américains (Chemical Abstracts, Medlars) qui sous-traitent à leurs homologues européens une partie du travail.

En l’absence de politiques nationales, il ne pouvait y avoir de politique européenne. Il existait bien une ébauche de réseau européen E.I.N. (European Information Network), qui reliait des centres de recherche, mais sa vocation était expérimentale et les P.T.T. s’en désintéressent. Il existait surtout l’Agence spatiale européenne, qui dispose sur son ordinateur de bases de données américaines S.D.S. (Space Documentation System). Conçu au départ pour les besoins internes de l’Agence, et nettement orienté vers les technologies aérospatiales, ce système entreprend de se transformer en centre-serveur à l’image de S.D.C. et de Lockheed. S.D.S a son propre réseau, il est connecté à Cyclades et rassemble une infrastructure et une expérience qui auraient pu cristalliser l’ébauche d’un système européen alternatif. La localisation à Frascati près de Rome, c’est-à-dire à la périphérie de l’Europe, la mauvaise qualité des communications téléphoniques en Italie, la moindre qualité du service et des logiciels par rapport aux concurrents américains, n’étaient pas des obstacles insurmontables. Manquait la volonté politique des Etats membres de l’Agence spatiale européenne, et pesait l’héritage américain de S.D.S. (bases de données américaines, logiciel américain, matériel américain) ; rebaptisé I.R.S. (Information Retrieval Service), S.D.S. continuera à osciller entre sa vocation interne et son projet de concurrencer les serveurs américains.

Un marché commun de l’information

En 1971, la direction générale de l’information scientifique et technique (D.G. XIII) lance l’idée d’un marché commun de l’information et élabore un plan d’action sur trois ans (1975-1977). Ce plan d’action définit trois objectifs : la constitution d’un réseau fiable, l’encouragement à l’établissement de banques de données, un effort de méthodologie et de normalisation dans les techniques.

L’absence de réseau européen était un des obstacles majeurs au développement des systèmes d’information. En effet, l’inadaptation du réseau commuté à ce type de trafic, la jungle tarifaire et les prix pratiqués par les P.T.T. européens limitaient les échanges entre systèmes européens et favorisaient la consultation des bases et banques de données américains, via Tymnet. Pour un utilisateur parisien, il était plus facile d’accéder à Palo-Alto qu’à Francfort ou Frascati, et souvent moins cher. De plus, l’imbrication de clauses d’exclusivité et de monopoles territoriaux interdisaient même l’accès à un système situé à Londres ou à Cologne.

Pour le réseau européen, plusieurs solutions s’offrent aux fonctionnaires de Luxembourg. Réseau de bibliothèques, réseau téléphonique amélioré, réseau électronique de pointe. On écarte l’hypothèse de renforcer et étendre E.I.N, on n’arrive pas à se mettre d’accord pour exploiter S.D.S. et son réseau Esanet. Finalement, la C.E.E. décide de constituer de toutes pièces un nouveau réseau, avec la coopération des P.T.T. européens, le réseau Euronet.

Cette solution de « table rase » se heurtait à l’absence de pratiques et d’organisation communautaires des P.T.T. des pays membres. Ainsi, face au problème posé par Tymnet, chacun des P.T.T. avait adopté sa propre politique, défini ses tarifs. Au moins l’épisode Tymnet avait-il démontré qu’à défaut d’offrir un service, les P.T.T. ne pouvaient s’opposer à ce qu’une société privée l’assure, réalisant des profits sur leur propre terrain et ouvrant une brèche dans leur monopole.

La menace d’une prolifération de réseaux privés, l’obligation faite aux P.T.T. de leur louer des lignes à défaut d’imaginer une parade, ont sans doute pesé autant dans la décision des P.T.T. européens de construire le réseau commun Euronet que les importants crédits communautaires ou la promesse de profits importants. Le consortium mis en place devait se mettre d’accord sur la technologie du réseau pour éviter que ne se renouvelle en matière de télétransmission des données, ce qui s’était produit en matière de télévision couleur : la division des pays entre système SECAM et système PAL. La R.F.A. avait hérité de la deuxième guerre une technique de commutation de circuits, développée pour la liaison avec le front de l’Est et perfectionnée par la Bundespost. L’E.I.N. avait développé son système de commutation de « paquets ». L’Italie proposait une technique mixte. Ces trois technologies étaient incompatibles, les intérêts industriels antagoniques, mais l’accord était d’autant plus urgent que, de leur côté, les grandes firmes américaines risquaient d’imposer leurs normes. « Mieux vaut une absence de normes que des règles purement nationales. Celles-ci isoleraient les agents économiques, les priveraient de liaisons et de services étrangers », note très justement le rapport Nora-Minc. Les P.T.T. se mirent d’accord sur X-25 et l’imposèrent avec Telenet et Datapac (Canada) au sein de la C.C.I.T.T.

Restait le problème des tarifs : une liaison Paris-Amsterdam coûte plus cher qu’Amsterdam-Paris. La location d’une ligne de 500 kilomètres peut coûter trois fois et jusqu’à onze fois plus cher suivant qu’elle ne franchit aucune frontière ou qu’elle en traverse une ou plusieurs. Les tarifs sont bas en Hollande, élevés en R.F.A., globalement plus chers qu’aux Etats-Unis. La C.E.E. fixa pour Euronet le principe d’une tarification unique, indépendante de la distance pour ne pas pénaliser l’utilisateur irlandais ou sicilien. Pour la première fois, les P.T.T. acceptèrent de dissocier le tarif de la distance, il est vrai que toute l’évolution technologique pousse dans ce sens, les satellites tout particulièrement.

Le réseau Euronet sera opérationnel l’an prochain, et la Suisse, la Suède, ainsi que l’Espagne, s’y raccorderont. La célérité dans la prise de décision et dans la mise en oeuvre d’Euronet permet de mesurer l’inquiétude des P.T.T. européens.

On ne retrouve pas le même enthousiasme communautaire dans la constitution de banques de données proprement européennes, ni dans la mise en place d’un système commun de distribution. A ce niveau, politiques nationales et intérêts commerciaux reprennent le dessus. Si, en France, il a été impossible de coordonner les efforts d’E.D.F., de la C.G.E., de Thomson et du C.N.R.S. pour créer un système commun, on imagine combien ce type d’accords à l’échelle européenne est difficile. Il était hors des attributions de la C.E.E. d’organiser un partage des tâches et d’affecter, par exemple la chimie aux Français, l’électronique aux Anglais et la médecine aux Allemands. A défaut d’une telle concertation, les Etats agissent en ordre dispersé, chacun d’eux ne pouvant assurer de toute manière qu’une partie du travail. Si la négociation avec les P.T.T. avait été difficile, au moins ne rassemblait-elle que neuf interlocuteurs, libres de manoeuvrer et jouissant d’une position de monopole, liés par des intérêts communs (la menace des réseaux privés). Pour négocier des systèmes documentaires communautaires, ce sont plusieurs centaines d’interlocuteurs qu’il faudrait rassembler, des secteurs privé et public, tous en situation de concurrence, tous intéressés à conquérir pour leur propre base de données ou pour leur propre centre serveur une part du marché. Euronet aura eu comme effet de susciter dans chaque pays l’émergence de plusieurs centres serveurs, galvanisés à l’idée de pouvoir vendre des données sur l’ensemble du marché européen, alors qu’ils étaient confinés dans un marché national étroit.

Mais cette prolifération de centres serveurs va à contre-courant d’un marché commun de l’information. Pour être compétitifs, la plupart de ces centres serveurs chargent sur leurs ordinateurs des bases de données américaines très demandées (Chemical Abstract, Compendex, N.T.I.S…). A la limite, ce sont les mêmes bases de données qui sont accessibles dans chacun des pays. D’une part, on peut se demander quel intérêt un utilisateur français trouvera à consulter Chemical Abstract sur un serveur allemand alors qu’il sera accessible sur Télésystèmes (le serveur français). D’autre part, cette duplication des bases américaines ne va pas dans le sens d’une autonomie informationnelle. C’est souvent une information d’origine américaine qui circulera, à cela près que, au lieu d’être distribuée par S.D.C. ou Lockheed, elle le sera par Télésystèmes ou Dimdi ou Infoline ou Datacentralen, subventionnés par les gouvernements. Le troisième volet du plan d’action prévoyait une normalisation des technologies. C’était l’objectif le plus facile à atteindre car il ne dépendait que du financement communautaire et de la résolution de problèmes techniques, certes compliqués.

On a pompeusement appelé Diane la somme des centres-serveurs connectés à Euronet, alors qu’il ne s’agit que d’une addition d’intérêts contradictoires, chacun des trente ou quarante postulants, conscients de l’étroitesse du marché, espérant secrètement la mort ou l’abandon de ses concurrents. Il n’a même pas été possible d’harmoniser les tarifs, le système de facturation ou d’échange des devises. Ainsi, un utilisateur d’Euronet devra souscrire un abonnement séparé à chacun des centres serveurs, payer en différentes monnaies, apprendre plusieurs langages d’interrogation. Faute d’une politique commune des « contenus » (bases et banques de données), le « contenant » communautaire (le réseau) donne lieu à une sauvage concurrence, les intérêts commerciaux tenant lieu d’intérêt national. Comme les centres-serveurs dépendent le plus souvent des gouvernements, ces derniers favoriseront l’utilisation des serveurs nationaux par les utilisateurs nationaux (universités, laboratoires publics, administrations).

Si la duplication des bases de données les plus demandées se poursuit, on peut se demander si le trafic national ne videra pas Euronet de sa substance, le trafic de pays à pays. Auquel cas, pour amortir Euronet, il ne resterait que le trafic tiers, c’est-à-dire le trafic de données inter-entreprises, inter-filiales. Euronet est surdimensionné par rapport aux besoins actuels des échanges d’informations documentaires. Le trafic tiers, perçu seulement au départ comme résiduel, deviendrait la vocation majeure d’Euronet ; déjà Reuter, Hoechst, les banques, les dix-huit Parlements pour leur liaison avec le Parlement européen sont candidats, les tarifs Euronet étant plus intéressants que le télex ou la location d’une ligne permanente de point à point. Euronet, à défaut d’avoir structuré un marché commun de l’information, se transformerait en réseau public polyvalent.

La grande inconnue, c’est la date à laquelle Euronet sera raccordé aux réseaux américains. S’il n’a pas gêné l’expansion commerciale des bases et banques de données américaines, puisqu’elles seront distribuées par des serveurs européens, Euronet scandalise les serveurs américains qui crient à la discrimination. En effet, la même base de données coûte, du point de vue de la télécommunication, 3 dollars l’heure d’interrogation sur un serveur connecté à Euronet et 15 dollars sur un serveur américain connecté par Tymnet. Cette protection tarifaire ne saurait durer bien longtemps, et sera levée à terme par les satellites. La C.E.E. diffère le raccordement en attendant que les centres serveurs européens soient assez forts pour résister aux serveurs américains, et éventuellement, qu’ils leur disputent une part de la clientèle américaine pour des bases européennes.

Si les tendances se poursuivent (duplication des fichiers, dispersion des efforts, rivalités entre serveurs européens), la domination américaine devrait se renforcer. Il est trop tard pour constituer des bases bibliographiques concurrentielles des bases américaines, mais la compétition est plus ouverte dans le secteur des banques factuelles. Force est de constater que l’on continue en Europe à produire des bases de données, alors que les Américains produisent des centaines de banques de données, y compris à partir de gisements européens, en démarchant des laboratoires, des groupes de presse, des centres documentaires. Très peu d’initiatives ont été prises à ce jour pour contrer ce pillage qui compromet sérieusement l’avenir des industries de l’information en Europe.

On s’oriente en Europe vers les systèmes domestiques accessibles à domicile, via un terminal avec écran relié par téléphone à des banques de données d’usage quotidien. La Grande-Bretagne a pris une avance avec Viewdata-Prestel. S’il est difficile, en effet, de préserver des filières informationnelles décisives pour l’avenir, en se concertant avec des partenaires (européens ou autres), il est plus facile d’installer des terminaux chez les particuliers ou dans les entreprises. L’industrie électronique est prise de vertige devant un marché aussi colossal ; les P.T.T. renforcent leur monopole et enrayent la décélération prévisible du trafic téléphonique. Quant à l’industrie européenne de l’information, à défaut de concurrencer efficacement les compagnies américaines, elle découvre un marché vierge, facile à satisfaire.

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